Moto de style custom Keeway Superlight 125 noire mate stationnée sur une route de campagne

Keeway Superlight 125 : Problèmes fréquents et avis fiabilité

Avec son allure de petit custom rebelle, sa peinture noir mat (ou ses chromes étincelants) et son tarif extrêmement agressif sur le marché du neuf, la Keeway Superlight 125 attire irrésistiblement les jeunes permis A1 et les automobilistes en quête d’évasion. Elle promet le look d’une grosse cylindrée américaine pour le prix d’un scooter bas de gamme. Ce succès commercial en a fait l’une des motos 125 cm3 les plus vendues en France ces dernières années.

Cependant, le rêve du cruiser à bas coût se heurte parfois à la dure réalité de la fabrication chinoise. Sur les forums dédiés, les propriétaires partagent une relation faite d’amour passionnel pour le design de la machine et de frustrations régulières face à sa finition. Si le bloc moteur en lui-même est réputé solide, tout l’accastillage qui l’entoure demande une vigilance constante. Décortiquons les problèmes récurrents de cette petite monture pour savoir si l’investissement en vaut réellement la chandelle.

Ce qu’il faut retenir

  • 🔩 La maladie des vibrations : Le moteur monocylindre vibre énormément, ce qui desserre constamment la visserie de la carrosserie et du pot d’échappement.
  • La phobie de l’eau : Les chromes et la boulonnerie d’origine sont de mauvaise qualité et rouillent très rapidement s’ils ne sont pas protégés.
  • 🛞 Le danger des pneus : La monte pneumatique d’usine (marque Cordial) est réputée glissante et dangereuse sous la pluie, nécessitant un remplacement immédiat.
  • ⚙️ La robustesse du moteur : Malgré ces défauts, le vieux moteur culbuté est increvable si les vidanges sont respectées tous les 3 000 kilomètres.

Une mécanique robuste mais une visserie capricieuse

Le cœur de la Keeway Superlight est un antique moteur monocylindre culbuté (OHV), refroidi par air et développant modestement une dizaine de chevaux. Ce moteur est un clone des vieux blocs Honda CG des années 80. Sur le plan de la fiabilité pure, c’est un char d’assaut. Il ne tombe quasiment jamais en panne si l’on respecte son temps de chauffe et qu’on lui offre de l’huile propre régulièrement. Il plafonne péniblement à 95 km/h, mais il vous emmènera au bout du monde.

Le véritable problème de la Keeway vient des vibrations que ce moteur transmet au cadre. À partir de 80 km/h, les tremblements dans les repose-pieds et les rétroviseurs sont intenses. Le drame est que la visserie utilisée en usine est de qualité très médiocre. Résultat : tout se dévisse. Perdre un écrou de plaque d’immatriculation, un cache en plastique ou voir son pot d’échappement se détacher en roulant est un grand classique. La solution imposée à tous les propriétaires est l’achat d’un flacon de frein filet (type Loctite bleu). Dès l’acquisition, il est indispensable de démonter chaque vis importante de la moto pour la remonter avec cette colle spéciale anti-vibration.

Mécanicien vérifiant et resserrant la visserie du bloc moteur sur un custom 125cc

La qualité des chromes et le problème de corrosion

Si vous utilisez votre Keeway pour aller travailler tous les jours sous la pluie ou si elle dort dehors sans bâche de protection, attendez-vous à une dégradation visuelle très rapide. Le traitement des métaux dans les usines du groupe Qianjiang (propriétaire de la marque) vise l’économie maximale.

La rouille attaque les rayons des jantes, le guidon, les têtes de vis du moteur et les pots d’échappement en quelques mois seulement si la moto est exposée à l’humidité ou au sel marin. Pour contrer cette corrosion galopante, l’entretien doit être maniaque. Sécher la moto après chaque averse et vaporiser un produit protecteur hydrofuge (comme le fameux WD-40) sur toutes les parties métalliques est une routine vitale pour que la machine conserve son allure flatteuse de cruiser rutilant.

Électricité et pneumatiques : Les points à corriger

Sur le plan sécuritaire, le verdict de l’immense majorité des utilisateurs est unanime : les pneus d’origine (souvent de la marque asiatique Cordial ou CST) sont une véritable catastrophe. S’ils font illusion sur le bitume sec et brûlant de l’été, ils se transforment en savonnettes mortelles à la première goutte de pluie. L’investissement d’une centaine d’euros dans un train de pneus de grande marque (Michelin, Metzeler ou Pirelli) changera radicalement le comportement de la moto et votre sécurité.

Côté faisceau électrique, la Superlight n’est pas en reste. La batterie d’origine est souvent trop faible pour passer le premier hiver. De plus, il est fréquent de subir des « faux neutres » (la moto affiche le point mort vert sur le compteur alors qu’une vitesse est engagée) ou de griller des ampoules de phares et de clignotants régulièrement à cause, encore une fois, des fortes vibrations du monocylindre qui cassent les filaments incandescents.


Tableau : Bilan des points faibles et améliorations

Composant de la motoProblème rencontré (Avis)Solution corrective indispensable
Visserie globale du châssisPerte d’écrous due aux vibrations.Application de Frein-Filet (Loctite) partout.
Pneumatiques d’origineDangereux, aucune adhérence sous la pluie.Remplacement urgent par des pneus européens.
Chromes et parties métalliquesCorrosion (rouille) très précoce.Traitement préventif au WD-40 et abri sec.

L’avis du Mécanicien Concessionnaire

« Il ne faut pas juger la Keeway Superlight comme on juge une Honda ou une Yamaha à 5 000 euros. Elle est vendue moitié moins cher neuve ! C’est une excellente moto pour s’initier au style custom et à la petite mécanique. Elle demande simplement à son propriétaire de mettre un peu les mains dans le cambouis. Si vous la traitez comme un objet de luxe en la confiant au garage pour vérifier la pression des pneus, elle vous ruinera. Si vous êtes prêt à passer le chiffon le dimanche, à resserrer vos rétroviseurs vous-même et à vérifier votre niveau d’huile, son vieux bloc moteur vous fera traverser la France à 80 km/h sans jamais sourciller. »

Bilan : Faut-il acheter cette moto d’occasion ?

La Keeway Superlight 125 est le choix parfait pour un motard passionné par l’esthétique « biker » qui dispose d’un budget serré, à condition d’être conscient de ses faiblesses. Sur le marché de l’occasion, privilégiez toujours une machine qui a été stockée dans un garage fermé et dont le propriétaire précédent a déjà effectué le changement des pneumatiques. Fuyez les modèles piqués de rouille, car le traitement de rattrapage des chromes coûtera plus cher que la valeur argus de la moto.


Foire Aux Questions (FAQ)

🔧 Est-ce difficile de trouver des pièces détachées pour cette marque ?

Non, bien au contraire ! Keeway appartient au gigantesque groupe QJ Motor (qui détient également la marque Benelli). Le réseau de distributeurs est extrêmement vaste en France. De plus, le moteur étant basé sur une architecture Honda très commune, de très nombreuses pièces mécaniques (gicleurs, filtres, câbles) sont des standards de l’industrie chinoise et se trouvent pour quelques euros sur tous les grands sites de vente en ligne dédiés à la moto.

🛢️ Quelle est la consommation d’essence de ce moteur 125cc ?

C’est l’un de ses points forts majeurs. Le moteur culbuté peu performant est un véritable chameau. En conduite mixte (ville et routes de campagne), la Keeway Superlight consomme généralement entre 2,5 litres et 3 litres aux 100 kilomètres. Associée à son énorme réservoir au look custom qui peut contenir jusqu’à 15 litres de Sans Plomb, la moto offre une autonomie faramineuse frôlant les 500 kilomètres avant de tomber en réserve.

🏁 Peut-on augmenter la puissance et la vitesse de pointe ?

Beaucoup de jeunes essayeurs cherchent à modifier le pignon de sortie de boîte, à libérer l’échappement ou à changer le carburateur pour espérer atteindre les 110 ou 120 km/h. Dans la réalité, ces modifications sont vaines. La conception du moteur (2 soupapes, refroidissement par air) limite physiquement sa puissance à 10,6 chevaux. Changer le pignon (mettre une dent de plus) réduira la vitesse de pointe au moindre faux plat montant car le moteur n’aura pas le couple nécessaire pour tirer ce rapport. Il faut accepter la philosophie de la moto : le cruising tranquille à 90 km/h.

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