Inforad, pionnier français des avertisseurs de zones à risques lancé dans les années 2000, a connu une liquidation judiciaire en août 2013 après que le modèle d’abonnement gratuit a fragilisé ses finances. La marque a immédiatement été reprise par le groupe Altyor puis a poursuivi son activité sous le nom Pixitis, spécialiste du positionnement GPS, qui a fédéré une communauté de 100 000 utilisateurs avec un nouveau modèle d’abonnement payant.
Le site inforad.net reste actif aujourd’hui et continue de commercialiser des avertisseurs de danger avec cartographie européenne, dans le respect du cadre légal français qui interdit depuis 2012 de signaler la position précise des radars au profit de simples « zones dangereuses ». La marque historique a donc survécu à ses difficultés, mais opère désormais sous une identité d’entreprise différente de celle de ses débuts.
Ce qu’il faut retenir
- 📜 Le choc de la loi de 2012 : la législation française a interdit les avertisseurs de radars purs, obligeant les marques à transformer leurs boîtiers en « assistants d’aide à la conduite » légaux.
- 📱 La concurrence fatale des applications : l’arrivée d’applications mobiles gratuites et communautaires comme Waze, Google Maps ou Coyote a rendu les boîtiers GPS indépendants obsolètes.
- 💻 La fin des mises à jour des bases de données : les serveurs officiels d’Inforad permettant d’actualiser l’emplacement des zones de danger ne sont plus maintenus régulièrement aujourd’hui.
- 🚗 Une réorientation vers d’autres technologies : la marque a tenté de se diversifier vers les applications mobiles de navigation et les boîtiers connectés avant de s’effacer du devant de la scène.
Comment l’évolution des lois sur la route a-t-elle transformé le marché ?
Le déclin des outils de la marque s’explique en grande partie par un changement radical de la législation routière en France. En 2012, le gouvernement a voté un décret interdisant formellement la détention et l’utilisation de tout appareil indiquant l’emplacement précis des radars fixes ou mobiles, sous peine d’une amende de 1 500 euros et de la saisie de l’appareil par la police.
Pour survivre légalement, Inforad et ses concurrents ont dû modifier en urgence le logiciel interne de leurs boîtiers via des mises à jour informatiques. Les « radars » sont devenus des « zones de danger » ou « zones de vigilance » s’étendant sur plusieurs kilomètres (4 km sur autoroute, 2 km sur route nationale). Cette perte de précision a perturbé de nombreux utilisateurs de la première heure. Les boîtiers d’entrée de gamme de la marque, qui se contentaient d’émettre un simple bip sonore ou de faire clignoter une lumière LED rouge à l’approche d’un radar précis, ont perdu une grande partie de leur utilité sur la route.
L’analyse d’un journaliste spécialisé en technologies automobiles
« Inforad a été une icône de la route grâce à un modèle économique imbattable : vous achetiez le boîtier Inforad K1 ou V4 pour moins de 50 euros et les mises à jour de la carte des radars étaient gratuites à vie. Mais ce modèle sans abonnement n’a pas permis à l’entreprise de financer la transition vers les boîtiers connectés en temps réel. Face à l’essor des smartphones connectés en permanence à internet, les boîtiers fixes hors ligne n’avaient aucune chance de survivre. »

Tableau comparatif des solutions d’aide à la conduite d’hier et d’aujourd’hui
Pour comprendre la situation actuelle du marché de la navigation routière, il est intéressant de comparer les performances des technologies d’époque avec les standards de connectivité actuels de nos voitures.
Le tableau suivant montre les différences de services entre les anciens boîtiers autonomes et les outils numériques modernes :
| Type d’assistant d’aide à la conduite | Mode de mise à jour des données de la route | Précision des alertes de trafic en temps réel |
|---|---|---|
| Anciens boîtiers Inforad (Type K1, V3, Moto) | Manuelle : il fallait brancher le boîtier en USB sur un ordinateur fixe à la maison tous les mois. | ❌ Nulle. L’appareil ne connaissait que l’historique des radars fixes et ignorait les contrôles mobiles ou les bouchons du jour. |
| Boîtier connecté payant (Type Coyote) | Automatique par carte SIM intégrée au boîtier (demande un abonnement mensuel). | 🥇 Excellente. Alertes précises grâce à la communauté active d’éclaireurs roulant en temps réel. |
| Application mobile gratuite (Type Waze / Google Maps) | 🥇 Intégrée en continu via la connexion 4G/5G de votre smartphone de manière invisible. | 🥇 Excellente. Calcul d’itinéraire dynamique selon les bouchons, accidents et signalements des utilisateurs de la rue. |
La marque a tenté de réagir en lançant ses propres modèles connectés, comme l’Inforad Ci, un boîtier équipé d’un écran couleur et d’un système communautaire visant à concurrencer directement Coyote. Malheureusement, des bugs logiciels à répétition lors du lancement, des retards de livraison et des difficultés financières ont freiné l’adoption de ce produit par le grand public. L’entreprise a progressivement réduit sa présence dans les rayons des magasins de accessoires auto pour se faire discrète sur le marché des nouvelles technologies.
Peut-on encore utiliser son vieux boîtier Inforad dans sa voiture ?
Si vous possédez un ancien boîtier au fond d’un tiroir de votre garage, sachez qu’il est devenu difficile, voire impossible, de l’utiliser de manière efficace. Le logiciel de mise à jour officiel (Inforad Manager), qui permettait de connecter l’appareil aux serveurs de la marque pour actualiser la liste des radars, n’est plus compatible avec les systèmes d’exploitation informatiques modernes comme Windows 11 ou les derniers Mac.
De plus, la base de données géographique des serveurs n’étant plus maintenue de façon régulière, l’appareil ignore totalement l’emplacement des nouveaux radars de chantier, des radars tourelles double face ou des zones de contrôle récentes installées au cours des dernières années. Utiliser ce matériel obsolète vous expose à un risque important de commettre des excès de vitesse par manque d’informations fiables, rendant l’utilisation de votre smartphone bien plus fonctionnelle et sécurisée.
L’intégration des alertes de sécurité directement dans les écrans des voitures modernes
L’effacement des marques d’avertisseurs indépendants découle également d’une évolution technologique majeure des constructeurs automobiles. Aujourd’hui, la majorité des voitures neuves intègrent des connexions natives comme Apple CarPlay et Android Auto de série.
L’écran tactile central de votre tableau de bord n’est plus un simple récepteur radio, mais le miroir de votre smartphone. Les applications de navigation communautaires s’affichent directement en grand format sous les yeux du conducteur, diffusant les alertes de zones de vigilance et les limitations de vitesse en temps réel de manière claire et vocale. Cette intégration fluide a définitivement supprimé le besoin d’acheter, de coller et de recharger un boîtier électronique secondaire sur son pare-brise, signant la fin d’une époque de accessoires nomades.
Foire Aux Questions (FAQ)
🕒 Existe-t-il encore un service après-vente officiel pour les produits Inforad ?
Le support technique officiel et le site internet de la marque ne proposent plus de suivi actif ni de réparation pour le matériel d’ancienne génération. En cas de panne de batterie ou de problème d’allumage de votre boîtier, il n’existe plus de pièces détachées d’origine disponibles sur le marché.
🛠️ L’utilisation de l’application Waze est-elle totalement légale en France ?
Oui, l’application Waze respecte scrupuleusement la législation française en vigueur. Elle ne vous signalera jamais l’emplacement précis d’un radar de police au mètre près, mais affichera une alerte visuelle indiquant une « Zone de contrôle » ou « Zone de danger » sur un segment de route de longueur conforme à la loi.
❓ Qu’est-ce qu’un détecteur de radar et est-ce la même chose qu’un avertisseur ?
Non, ce sont deux technologies totalement différentes. Un avertisseur (comme Inforad) utilise une carte GPS et une base de données de positions. Un détecteur de radar est un appareil radio qui capte activement les ondes d’émissions des pistolets laser de la police. La détention d’un détecteur de radar est un délit lourd sévèrement puni en France.







