Le marché des scooters à trois roues est une exception culturelle européenne, portée à bout de bras par les automobilistes urbains en quête de mobilité rapide sans avoir à passer le permis moto (permis A). Si Piaggio règne en maître absolu sur ce segment depuis des décennies avec son emblématique MP3, la marque aux trois diapasons a sérieusement bousculé l’ordre établi avec son Tricity 300. Dès lors, une rumeur insistante enflamme les réseaux sociaux et la presse spécialisée : verra-t-on bientôt débarquer un yamaha tricity 500 pour venir chasser directement sur les terres des maxi-scooters transalpins ?
L’attente des utilisateurs pendulaires (les « commuters » faisant de la voie rapide quotidiennement) est forte pour une motorisation plus musclée. Le châssis actuel du modèle 300 a largement prouvé sa supériorité dynamique grâce à son train avant unique, mais son monocylindre s’essouffle parfois lors des dépassements sur autoroute en duo. Développer une version de 500 cm³ semble être la suite logique de la stratégie de conquête japonaise. Analysons les freins techniques à ce développement, les atouts de la technologie LWM qui feraient de ce futur modèle la nouvelle référence, et les motorisations disponibles dans la banque d’organes Yamaha pour propulser ce géant urbain.
Ce qu’il faut retenir
- 🚀 L’attente du marché : Les usagers périurbains réclament un moteur plus puissant (autour de 40 chevaux) pour sécuriser les trajets sur autoroute en duo.
- 🛠️ La contrainte de poids : Le train avant LWM de Yamaha est lourd ; y ajouter un gros moteur bicylindre de 500cc risque de pénaliser l’agilité urbaine.
- 📜 La législation L5e : Pour être conduisible avec un simple permis B (auto), le scooter devra conserver un espacement strict entre ses deux roues avant.
- ⚙️ La banque d’organes : Yamaha pourrait utiliser le redoutable moteur bicylindre du TMAX 560 pour animer ce futur modèle haut de gamme.
Pourquoi Yamaha doit-il monter en cylindrée face à la concurrence ?
Le Yamaha Tricity 300 a été salué par toute la presse moto pour la rigueur impériale de son châssis. Sa technologie brevetée LWM (Leaning Multi-Wheel) offre un train avant d’une stabilité bluffante, bien supérieure à l’architecture complexe à parallélogramme de son rival italien. Cependant, sur les voies rapides, les 28 chevaux du monocylindre (issu du XMAX 300) montrent rapidement leurs limites, surtout lorsque le scooter est lourdement chargé.
La bataille du marché périurbain haut de gamme
Piaggio a compris depuis longtemps que les cadres supérieurs naviguant entre la grande banlieue et le centre-ville veulent de la puissance. Avec son MP3 530 hpe Exclusive développant 44 chevaux, l’Italien capte la clientèle fortunée qui cherche un véhicule statutaire et performant. De son côté, Peugeot s’est également lancé dans la course à la puissance avec son Metropolis 400. Pour capter cette clientèle exigeante, la firme japonaise n’a d’autre choix que d’envisager un maxi-scooter 3 roues surpuissant, capable de croiser à 130 km/h sur autoroute sans que le moteur ne hurle à la limite du rupteur.

Quelles motorisations Yamaha pour le futur Tricity ?
Concevoir un nouveau moteur de A à Z coûte extrêmement cher en recherche et développement. Comme tous les constructeurs, Yamaha piochera dans sa banque d’organes existante pour limiter les coûts.
L’hypothèse du bloc moteur du TMAX 560
L’option la plus prestigieuse et la plus fantasmée par les motards serait l’intégration pure et simple du moteur bicylindre en ligne du roi TMAX 560. Développant 47 chevaux (la limite légale du permis A2), ce bloc sportif propulserait le Tricity dans une autre galaxie en termes d’accélérations et d’agrément sonore. Cependant, l’intégration de cette large mécanique centrale obligerait les ingénieurs à redessiner totalement la structure tubulaire arrière du scooter, augmentant massivement le poids global de l’engin, déjà handicapé par les kilos de la double fourche télescopique à l’avant.
Tableau : Comparatif théorique face à la concurrence actuelle
| Modèle de scooter 3 roues | Puissance moteur estimée | Avantage technologique majeur |
|---|---|---|
| Piaggio MP3 530 hpe | 44,2 chevaux (Monocylindre) | Équipement de luxe (Caméra de recul, radar d’angles morts). |
| Peugeot Metropolis 400 | 35,6 chevaux (Monocylindre) | Plancher totalement plat (très pratique en ville). |
| Futur Yamaha Tricity 500/560 ? | 40 à 47 ch (Bicylindre probable) | Technologie LWM (Fourche double offrant la meilleure tenue de route). |
L’analyse du Journaliste Essayeur Moto
« Un Tricity de grosse cylindrée est le serpent de mer de la presse moto depuis cinq ans. Techniquement, Yamaha a tout ce qu’il faut en rayon. Ils ont déjà osé le Niken 850 avec le moteur trois cylindres explosif de la MT-09, mais c’était une moto nécessitant le permis A, ce qui a tué ses ventes commerciales. Pour que le projet soit un succès financier, il faut absolument que ce futur scooter reste homologué dans la catégorie L5e (conduisible avec le permis B et la formation de 7 heures). Le grand défi d’ingénierie sera de caser un gros moteur bicylindre sans franchir la barre fatidique des 280 kilos sur la balance, ce qui rendrait l’engin impossible à manœuvrer à l’arrêt pour les petits gabarits urbains. »
Les freins au développement et le calendrier potentiel
Si l’idée est séduisante, la conjoncture économique actuelle freine les audaces industrielles. Le marché du 3 roues est très « franco-français ». Sortir de l’Hexagone, les ventes s’effondrent rapidement. Yamaha doit s’assurer que le volume de ventes justifiera les coûts d’homologation Euro5+ (voire Euro6) d’un nouveau châssis ultra-lourd.
Par ailleurs, l’heure est plutôt à l’électrification massive des mobilités urbaines. Présenter un gros moteur thermique fortement émetteur de CO2 en 2024 ou 2025 pourrait être perçu comme un projet à contre-courant des politiques de restrictions de circulation (ZFE) dans les grandes métropoles européennes. Il est fort probable que la marque observe attentivement les chiffres de vente du récent Piaggio MP3 530 avant de donner le feu vert définitif à la production d’un Tricity 500, repoussant ainsi toute présentation officielle au prochain salon EICMA de Milan, au mieux.
Foire Aux Questions (FAQ)
🏍️ Faudra-t-il le permis moto pour conduire un futur modèle 500cc ?
Non, ce serait un suicide commercial de la part du constructeur. La quasi-totalité du marché des scooters à 3 roues repose sur l’homologation L5e. Cette subtilité juridique permet à tout titulaire du permis voiture (permis B) obtenu depuis plus de deux ans, ayant suivi la petite formation obligatoire de 7 heures en auto-école, de conduire ces grosses cylindrées en toute légalité. Yamaha respectera impérativement l’espacement minimum des roues avant (46 cm) exigé par la loi pour conserver cet avantage décisif.
🛑 Le système de blocage des roues à l’arrêt (Standing Assist) sera-t-il présent ?
C’est une évidence absolue. Introduit sur le Tricity 300, le système « Standing Assist » permet de bloquer l’inclinaison de la direction lors de l’arrêt au feu rouge, évitant ainsi de poser le pied par terre. C’est l’argument de vente numéro un face à la clientèle qui craint le poids de ces engins. Sur un modèle 500cc pesant inévitablement plus lourd, cette assistance au maintien vertical serait indispensable pour éviter la chute à l’arrêt, particulièrement pour manœuvrer sur un sol mouillé ou en pente.
💰 Quel serait le tarif estimé pour un tel maxi-scooter japonais ?
L’inflation des prix dans le secteur du deux-roues est galopante. Le Tricity 300 actuel s’échange déjà aux alentours de 9 000 euros. Un modèle de plus de 500 cm³, embarquant un probable moteur bicylindre, un tableau de bord TFT connecté et une bulle électrique, viendrait directement se positionner face au haut de gamme de chez Piaggio. Le tarif de lancement d’une telle machine franchirait indéniablement la barre symbolique des 13 000 à 14 000 euros.







