Le Mercedes MB 100 (produit de 1981 à 1996) est un véhicule culte dans le monde de la « Vanlife » et des artisans nostalgiques. Avec sa bouille carrée atypique et son étoile sur la calandre, il promet la robustesse légendaire de Mercedes. Mais attention, le MB 100 n’est pas un Sprinter ni un Vito. C’est un utilitaire de conception ancienne (basé sur une plateforme DKW espagnole), traction avant, avec un moteur situé entre les sièges. Est-il vraiment incassable ou est-ce un piège rouillé ? Voici le bilan fiabilité sans concession de cet engin attachant mais rustique.
Les infos à retenir
- ⚙️ Le moteur OM616 : Ce 2.4L diesel atmosphérique (72 ou 75 ch) est légendaire. Distribution par chaîne, pas de turbo, pas d’électronique. Il peut faire 1 million de kilomètres.
- 🦀 La corrosion : C’est l’ennemi mortel du MB 100. La tôle est de mauvaise qualité et la protection d’usine inexistante. Châssis, passages de roues, planchers : tout rouille.
- 🐌 Performances : Soyez prévenu, c’est un veau. Vitesse de croisière 90-100 km/h, et 60 km/h dans les côtes. Inadapté aux autoroutes modernes.
- 🔊 Confort : Le moteur est dans la cabine. Le bruit et la chaleur sont omniprésents. C’est une expérience de conduite « à l’ancienne ».
Le moteur OM616 : Un roc incassable
Le principal atout du MB 100, c’est son cœur. Il emprunte le moteur des taxis Mercedes 240D (W123). C’est un bloc en fonte, à injection indirecte, sans turbo.
La fiabilité mécanique est absolue. Il n’y a pas de courroie de distribution (c’est une chaîne double increvable), pas de vanne EGR, pas de débitmètre. Tant qu’il y a de l’huile et de l’eau, il tourne. Il accepte même des carburants de qualité médiocre sans broncher.
Cependant, cette robustesse se paie : avec 75 chevaux pour déplacer près de 2,6 tonnes à charge, les relances sont inexistantes. Il faut conduire au couple et prendre son temps. La culasse peut toutefois fissurer si le système de refroidissement est négligé (boue dans le radiateur), mais c’est rare.
La carrosserie : Une lutte perdue d’avance ?
Si le moteur est éternel, la carrosserie, elle, est biodégradable. Fabriqué en Espagne chez Vitoria, le MB 100 souffre d’une acier de piètre qualité.
Les points critiques à vérifier avant achat sont nombreux :
- La traverse avant tubulaire : Elle pourrit de l’intérieur. C’est un élément structurel vital.
- Les passages de roues et marchepieds : La boue s’y accumule et perce la tôle.
- Le cadre de pare-brise : La rouille s’installe sous le joint, provoquant des infiltrations d’eau dans la cabine.
Acheter un MB 100 aujourd’hui implique souvent d’avoir des compétences en soudure et en carrosserie, ou un budget restauration conséquent.

Transmission et Trains roulants
Contrairement aux Mercedes classiques (propulsion), le MB 100 est une traction avant. Cela libère de l’espace de chargement (plancher bas), mais sollicite énormément les cardans et les roulements de roue avant.
La boîte de vitesses est robuste mais la tringlerie est floue (le levier a souvent beaucoup de jeu), rendant le passage des rapports imprécis.
Un autre point faible est la barre de torsion avant. Les lames de ressorts sont remplacées par des barres de torsion qui peuvent s’affaisser, donnant au camion un aspect « nez par terre ». Le graissage du train avant (pivots) est impératif et souvent oublié (il y a des graisseurs à faire tous les 5000 km !).
L’avis de l’expert : Collectionneur Mercedes
« Le MB 100 est attachant mais fatiguant. C’est un véhicule pour les routes nationales, pas pour traverser l’Europe par l’autoroute. Le bruit dans l’habitacle est assourdissant car vous êtes assis sur le moteur. Côté pièces, Mercedes assure encore bien le SAV pour la mécanique (pièces communes aux berlines), mais pour la carrosserie et les accessoires spécifiques (phares, pare-chocs), c’est la croix et la bannière pour trouver du neuf. »
Bilan : Pour passionnés avertis
Le Mercedes MB 100 est un excellent choix pour un projet vanlife « vintage » à petit budget d’achat, à condition d’être bricoleur et de ne pas être pressé. Sa fiabilité mécanique vous emmènera au bout du monde, mais sa carrosserie risque de tomber en poussière avant d’y arriver si vous ne la traitez pas.
Foire Aux Questions (FAQ)
⛽ Combien consomme un MB 100 ?
Malgré sa faible puissance, il consomme environ 10 à 12 litres aux 100 km en mixte. Son aérodynamisme de boîte à chaussures et le besoin de solliciter le moteur à fond expliquent cette soif.
🔧 Trouve-t-on encore des pièces ?
Pour le moteur (filtres, bougies, injecteurs, pompe à eau), oui, tout est dispo car c’est du standard Mercedes W123. Pour les pièces de carrosserie, les vitres ou les joints, il faut chiner en occasion ou en Allemagne.
🌍 Peut-il rouler dans les ZFE ?
Non, c’est un vieux diesel (Crit’Air non classé ou 5). Il est banni de la plupart des grandes villes, sauf si vous parvenez à le passer en Carte Grise Collection (plus de 30 ans), ce qui offre des dérogations dans certaines zones.







