Citroën Jumpy utilitaire sur chantier, équipé du moteur 1.6 HDi 115, un standard du marché.

Citroën Jumpy 1.6 HDi 115 : bilan fiabilité et problèmes récurrents

Le Citroën Jumpy (cousin du Peugeot Expert et du Toyota ProAce) est l’un des fourgons compacts les plus vendus en Europe. Au cœur de la gamme, on retrouve souvent le moteur 1.6 HDi 115 ch. Ce bloc, évolution du célèbre DV6, a la lourde tâche de déplacer un véhicule souvent chargé. Si les premières générations de 1.6 HDi (110ch 16 soupapes) avaient une fiabilité catastrophique (turbos cassés), cette version 115 ch (8 soupapes, Euro 5) a corrigé le tir. Est-il pour autant sans reproche ? Analyse détaillée de la fiabilité du Jumpy 1.6 HDi 115 pour les artisans et les particuliers.

Les infos à retenir

  • Le bloc moteur : La version 115 ch (DV6C) est un moteur 8 soupapes. Il est beaucoup plus robuste que l’ancien 16v (110ch). La casse turbo n’est plus systématique.
  • Le point noir : Les joints d’injecteurs. C’est la maladie endémique. Ils fuient, créant de la calamine qui pollue l’huile et peut boucher la crépine.
  • 💨 Le FAP et l’EGR : En usage urbain ou porte-à-porte, le système antipollution s’encrasse vite. Ce moteur a besoin de rouler sur voie rapide.
  • 📦 La charge : 115 ch est le minimum syndical pour un Jumpy chargé. Si vous roulez toujours à pleine charge, la boîte de vitesses et l’embrayage s’useront prématurément.

L’évolution technique : Pourquoi le 115 ch est mieux ?

Pour comprendre la fiabilité, il faut identifier le moteur. Jusqu’en 2010, le 1.6 HDi 110 (DV6TED4) était un 16 soupapes. Il a ruiné des milliers de propriétaires à cause d’une conception qui bouchait le graissage du turbo. À partir de 2011/2012, le Jumpy a reçu le 1.6 HDi 115 (DV6C). PSA est repassé à une culasse 8 soupapes plus simple et a revu le circuit de lubrification. Résultat : Le moteur est intrinsèquement solide. Il n’est plus « autodestructeur » comme son prédécesseur. Il peut atteindre 300 000 km si l’entretien est suivi, contrairement aux versions BlueHDi.

Les pannes récurrentes à surveiller

Malgré les améliorations, certains périphériques restent fragiles.

Les joints d’injecteurs (La fuite noire)

C’est LE point à vérifier tous les 20 000 km. Les joints en cuivre à la base des injecteurs s’usent. Les gaz de combustion remontent et cuisent l’huile, formant un goudron noir autour des injecteurs.
Si ce n’est pas traité : le goudron tombe dans le carter d’huile, bouche la crépine d’aspiration, et le turbo casse par manque d’huile.
Symptôme : Odeur de gaz d’échappement dans l’habitacle et bruit de « Pschitt Pschitt » au ralenti moteur froid.

Vanne EGR et FAP

Le Jumpy est un utilitaire, souvent utilisé pour des petits trajets. Le 1.6 HDi 115 déteste ça. La vanne EGR s’encrasse et reste bloquée (voyant moteur, perte de puissance). Le FAP ne parvient pas à se régénérer.
Contrairement au 2.0 HDi qui est plus tolérant, le petit 1.6 HDi demande à « respirer » sur autoroute régulièrement.

La boîte de vitesses et l’embrayage

Le 1.6 HDi délivre 115 ch et un couple correct (270 Nm), mais il doit souvent tirer 2,5 tonnes (véhicule + charge). L’embrayage souffre, surtout en manœuvre. La butée d’embrayage devient bruyante vers 100 000 – 120 000 km. La boîte manuelle 6 vitesses est fiable, mais les câbles de commande peuvent gripper, rendant le passage des vitesses dur.

Citroën Jumpy 1.6 HDi 115 neuf

1.6 HDi 115 vs 2.0 HDi 120/150 ?

C’est la grande question à l’achat.

  • Le 1.6 HDi 115 : Suffisant pour les artisans (plombiers, électriciens) qui transportent du volume mais peu de poids, ou pour un usage mixte ville/route. Il est plus économique en assurance et carburant.
  • Le 2.0 HDi : Indispensable si vous tractez une remorque, si vous faites beaucoup d’autoroute ou si vous aménagez le Jumpy en van (poids constant élevé). Le 2.0L est aussi plus robuste sur le très long terme (400 000 km+).

L’avis du gestionnaire de flotte

« Sur nos Jumpy 1.6 115, on a arrêté les vidanges tous les 30 000 km préconisées par Citroën. On les fait tous les 15 000 ou 20 000 km maxi. Depuis, on n’a plus de casses de turbo. L’huile se dégrade trop vite sur ce petit moteur qui force tout le temps. Rapprochez les entretiens et il sera fidèle. »


Conclusion : Un bon outil de travail

Le Jumpy 1.6 HDi 115 est fiable, à condition de surveiller obsessionnellement l’étanchéité des injecteurs et de ne pas suivre aveuglément les espacements de vidange trop optimistes du constructeur.


Foire Aux Questions (FAQ)

⛓️ Courroie ou Chaîne de distribution ?

C’est une courroie de distribution. La préconisation est souvent de 10 ans ou 180 000 / 240 000 km. Par prudence, changez-la vers 160 000 km ou 8 ans, avec la pompe à eau.

💧 Ce modèle a-t-il de l’AdBlue ?

Les versions Euro 5 (jusqu’en 2015/2016) n’ont pas d’AdBlue, juste un FAP. Les versions Euro 6 (BlueHDi) sorties après 2016 ont de l’AdBlue. Le 1.6 HDi 115 est majoritairement sans AdBlue, ce qui élimine une source de panne (réservoir urée).

🐌 Le moteur manque de puissance, pourquoi ?

Si vous n’avez pas de voyant, vérifiez la durite de turbo (souvent fendue) ou le débitmètre. Si vous avez un voyant, c’est souvent l’EGR encrassée ou le capteur de pression FAP.

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