Ne faites jamais enlever, déplacer ou bloquer vous-même un véhicule stationné sans droit sur votre place : cette voie de fait vous exposerait à des poursuites, même si vous êtes le propriétaire légitime du parking. Sur un parking clos et privé, la fourrière ne peut intervenir que sur demande du maître des lieux, après une mise en demeure envoyée par lettre recommandée restée sans effet, en s’appuyant sur l’article L. 325-12 du Code de la route. Faites constater la situation par un commissaire de justice pour sécuriser votre dossier, notamment si le véhicule semble abandonné (pneus dégonflés, absence de plaque). En copropriété, le syndic peut agir au nom de tous les copropriétaires ; en l’absence de résolution amiable, un référé devant le tribunal judiciaire permet d’obtenir une ordonnance d’expulsion du véhicule, éventuellement assortie d’une astreinte journalière pour accélérer son départ.
Ce qu’il faut retenir
- 🏛️ Les articles L. 325-12 et suivants du Code de la route : le texte de loi encadre la procédure d’enlèvement des véhicules sur terrain privé.
- ✉️ La mise en demeure préalable obligatoire : envoyer une lettre recommandée ou apposer une sommation sur le véhicule est indispensable.
- 👮 L’intervention de la police ou gendarmerie : l’enlèvement en fourrière exige obligatoirement une réquisition délivrée par les forces de l’ordre.
- 💶 Les frais avancés par le maître des lieux : les frais de fourrière sont avancés par le demandeur avant d’être réclamés au propriétaire du véhicule.
Qu’est-ce qu’une voiture ventouse sur un emplacement privé selon la loi ?
Pour engager une procédure d’expulsion, il faut d’abord caractériser juridiquement la notion d’occupation sans droit ni titre.
Sur la voie publique, le Code de la route qualifie de stationnement abusif tout véhicule immobile au même endroit pendant plus de 7 jours consécutifs. Sur un parking privé (résidence fermée, copropriété, parking de supermarché ou terrain privé), la règle est différente : un véhicule est considéré comme « ventouse » ou « épave » dès lors qu’il stationne sans l’accord du maître des lieux (propriétaire du terrain ou syndic) et en violation du règlement de copropriété, quelle que soit la durée d’immobilité.

Quelles sont les étapes légales pour faire enlever la voiture du parking privé ?
Pour faire évacuer le véhicule vers la fourrière sans risquer d’être poursuivi pour dégradation ou vol de véhicule, le propriétaire du terrain doit appliquer scrupuleusement la procédure officielle.
La démarche légale se déroule en plusieurs phases :
- Étape 1 : Tenter d’identifier le propriétaire du véhicule. Si le véhicule appartient à un voisin de la résidence, une demande amiable ou un mot sur le pare-brise suffit généralement. Si la plaque est lisible, le maître des lieux peut adresser une demande d’identification du titulaire de la carte grise au commissariat ou à la gendarmerie.
- Étape 2 : Envoyer une mise en demeure formelle. Si l’adresse du propriétaire de la voiture est connue, adressez-lui une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) lui sommant de retirer son véhicule sous un délai de 8 jours. Si l’identité est inconnue, une sommation d’huissier (commissaire de justice) ou un affichage officiel sur le véhicule est réalisé.
- Étape 3 : Effectuer la demande de mise en fourrière. Une fois le délai de 8 jours expiré sans réaction, le propriétaire du terrain ou le syndic adresse une demande officielle d’enlèvement au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie du secteur.
Quel tableau récapitule la procédure d’enlèvement en fourrière sur terrain privé ?
Pour mieux visualiser le parcours administratif et les acteurs impliqués, le tableau ci-dessous résume les étapes de la procédure d’enlèvement :
| Étape de la procédure sur parking privé | Acteur responsable de la démarche | Délai légal et document officiel requis |
|---|---|---|
| Mise en demeure de retirer le véhicule | Propriétaire du parking / Syndic de copropriété. | Délai de 8 jours francs par Lettre Recommandée avec AR. |
| Demande d’enlèvement (Requête officielle) | Maître des lieux auprès de la Police / Gendarmerie. | Formulaire de demande d’enlèvement sur terrain privé (Art L. 325-12). |
| Ordre d’envoi en fourrière et enlèvement | Officier de Police Judiciaire (OPJ) + Épaviste agréé. | Intervention d’un camion remorqueur sous 48h à 8 jours. |
Une fois la réquisition signée par l’Officier de Police Judiciaire (OPJ), les forces de l’ordre mandatent une société de fourrière agréée qui vient remorquer le véhicule ventouse, même s’il est stationné dans un garage en sous-sol difficile d’accès.
L’avertissement d’un juriste en droit immobilier
« Ne commettez jamais l’erreur de déplacer vous-même la voiture ventouse avec des roulettes ou de la tracter dans la rue pour forcer l’intervention de la mairie ! Cette pratique est totalement illégale. Vous pourriez être poursuivi par le propriétaire du véhicule pour dégradations volontaires ou vol de véhicule. Suivez scrupuleusement la procédure des articles L. 325-12 du Code de la route. »
Comment gérer le cas particulier des voitures ventouses sans plaque d’immatriculation ?
Lorsqu’un véhicule abandonné ne possède plus de plaques d’immatriculation ou de macaron de contrôle technique, la procédure d’identification classique devient impossible.
Dans cette configuration, l’Officier de Police Judiciaire (OPJ) se déplace sur le parking privé pour dresser un procès-verbal de constatation de véhicule délaissé. L’OPJ relève le numéro de série gravé sur le châssis (numéro VIN) sous le pare-brise pour interroger le fichier national du Système d’Immatriculation des Véhicules (SIV). Si le numéro de châssis est également effacé ou illisible, le véhicule est immédiatement qualifié d’épave abandonnée. La police signe alors une ordonnance d’enlèvement d’urgence pour destruction directe vers un centre VHU (Véhicule Hors d’Usage) agréé.

Qui doit payer les frais de remorquage et de fourrière du véhicule enlevé ?
L’aspect financier de l’enlèvement sur domaine privé obéit à des règles de recouvrement bien particulières.
Au moment de l’intervention de la fourrière, le maître des lieux (ou le syndic de copropriété) doit parfois effectuer une avance de frais d’enlèvement auprès de la société de remorquage. Cependant, sur le plan juridique, la totalité des frais d’enlèvement et de garde journalière en fourrière est imputée de droit au propriétaire du véhicule squatteur. Pour récupérer sa voiture à la fourrière, le contrevenant devra obligatoirement régler l’intégralité de la facture. Si le véhicule n’est pas réclamé et est classé à l’état d’épave, il sera détruit par un démolisseur agréé et les frais seront poursuivis contre le propriétaire par le Trésor Public.
Comment éviter le stationnement de voitures ventouses dans une copropriété ?
Prévenir l’installation de véhicules squatters reste la meilleure solution pour protéger les espaces de stationnement privés.
Pour sécuriser un parking privé, la copropriété peut faire voter en assemblée générale l’installation d’une barrière automatique d’accès, d’un portail sécurisé à badge ou de arceaux de stationnement individuel verrouillables à clé sur chaque emplacement nominatif. De plus, la mise en place d’un panneau d’affichage clair à l’entrée rappelant la propriété privée du site et mentionnant l’application de l’article L. 325-12 du Code de la route décourage la majorité des automobilistes incivils.
Que faire si la voiture ventouse appartient à un locataire en impayé de loyer ?
Il arrive fréquemment qu’un véhicule ventouse appartienne à un ancien locataire parti sans donner de nouvelle adresse ou en situation de litige d’impayé.
Dans ce cas, le bailleur ne peut pas se faire justice lui-même en faisant enlever le véhicule sans passer par la voie réglementaire. Il doit joindre la demande d’enlèvement sous terrain privé à la procédure d’expulsion ou d’injonction de payer portée par un commissaire de justice (huissier). Le commissaire de justice effectuera le procès-verbal de saisie du véhicule sur l’emplacement privé, permettant sa vente aux enchères publiques ou son enlèvement judiciaire pour compenser une partie des dettes de loyer.
Foire Aux Questions (FAQ)
🚔 La police peut-elle intervenir sans l’accord du syndic dans une résidence privée ?
Non. Sur les voies privées non ouvertes à la circulation publique, les forces de l’ordre n’ont pas le droit de patrouiller ni de verbaliser spontanément. Elles ne peuvent intervenir pour ordonner la mise en fourrière qu’à la demande formelle et écrite du propriétaire du terrain ou du représentant légal du syndic de copropriété.
⏱️ Que faire si la voiture ventouse contient des objets dangereux ou des ordures ?
Si le véhicule abandonné présente un risque immédiat d’incendie, de fuite de carburant toxique ou contient des matières périssables attirant les nuisibles, le syndic doit le mentionner d’urgence à la police. L’OPJ peut invoquer le risque de salubrité ou de sécurité publique pour faire évacuer la voiture sans attendre le délai des 8 jours de mise en demeure.
🚫 Le propriétaire du parking privé peut-il mettre un sabot de roue sur la voiture ventouse ?
Non. La pose d’un sabot de roue ou le blocage mécanique d’un véhicule par un particulier ou un professionnel privé est strictement interdit par la loi française. Seuls les services officiels de l’État et les forces de l’ordre sont habilités à poser un sabot de neutralisation.







