Kawasaki GPZ 1000 RX de 1986, profil caréné rouge et noir, icône des années 80.

Kawasaki GPZ RX 1000 : le dinosaure incompris des années 80

Dans la généalogie des sportives Kawasaki, la GPZ RX 1000 (ou Ninja 1000R aux US) occupe une place particulière, souvent éclipsée par deux légendes. Coincée entre la mythique GPZ 900 R « Top Gun » qu’elle devait remplacer et la radicale ZX-10 « Tomcat » qui l’a démodée, la RX a pourtant été, à sa sortie en 1986, la moto de série la plus rapide du monde. Aujourd’hui, cette machine massive, statutaire et puissante revient sur le devant de la scène Youngtimer. Elle incarne une époque où la performance se mesurait en vitesse pure et en stabilité, quitte à sacrifier l’agilité. Redécouverte d’un monstre sacré qui mérite sa place dans votre garage.

Les infos à retenir

  • 🚀 Le record : En 1986, elle titrait 260 km/h chrono, ravissant le titre de moto la plus rapide du monde à la concurrence.
  • 🏋️ Le gabarit : C’est une moto d’hommes. Avec 238 kg à sec (plus de 260 kg avec les pleins) et un empattement long, elle demande de l’engagement physique.
  • 🏁 Le cadre périmétrique : Elle inaugure un cadre périmétrique en acier (et non en alu), une technologie qui deviendra la norme (en alu) sur les sportives modernes.
  • 💰 La cote : Encore accessible, on trouve de beaux exemplaires entre 2 500 € et 4 000 €, ce qui en fait un investissement Youngtimer malin.

La mission impossible : succéder à la 900 Ninja

Lorsque Kawasaki lance la GPZ 1000 RX (Type ZXT00A) en 1986, la marque verte a la pression. La GPZ 900 R est un succès planétaire. Pour faire mieux, Kawasaki décide de faire « plus ». Plus de cylindrée, plus de puissance, plus de rigidité.
Le moteur passe à 997 cm³ par augmentation de l’alésage et de la course. La puissance grimpe à 125 chevaux (en version libre), une valeur colossale pour l’époque. Mais pour encaisser cette cavalerie, Kawasaki construit un cadre périmétrique en tubes d’acier carrés. Le résultat est une moto très rigide, très stable, mais aussi beaucoup plus lourde que sa devancière.

Un comportement de TGV

Sur la route, la GPZ RX 1000 se comporte comme une locomotive. Sa stabilité en grande courbe est impériale. Une fois calée sur l’angle, rien ne la perturbe. Le carénage intégral offre une protection remarquable, permettant de croiser à des vitesses inavouables (sur autoroute allemande) sans fatigue.
En revanche, dès que la route tournicote, le poids se fait sentir. Les jantes de 16 pouces (avant et arrière), censées apporter de la vivacité, rendent la direction parfois tombante à basse vitesse. C’est une moto qu’il faut emmener avec le corps, en utilisant le contre-braquage de manière virile.


L’esthétique « Bio-Design » avant l’heure

Visuellement, la RX tranche avec les lignes tendues du début des années 80. Elle adopte des formes plus fluides, plus enveloppantes. L’intégration des clignotants dans le carénage, le dosseret de selle amovible et la ligne d’échappement 4-en-2 noire mat lui donnent une allure massive et sérieuse.
Le tableau de bord est complet, digne d’un avion de chasse, avec jauge à essence et température d’eau, le tout sur fond noir lisible. C’est une moto valorisante, qui dégage une impression de solidité indestructible.

Pourquoi elle intéresse les collectionneurs aujourd’hui ?

Longtemps boudée car considérée comme « lourde et moche », la RX prend sa revanche.

  1. La rareté : Elle n’a été produite que deux ans (86-88). Il y en a peu, surtout en état d’origine.
  2. Le moteur : Le bloc 1000 est plein partout. Contrairement aux moteurs modernes pointus, il offre un couple de camion dès 3000 tours. C’est le plaisir de la « force tranquille ».
  3. L’histoire : C’est le chaînon manquant entre la genèse Ninja et l’ère moderne des ZX-10 et ZZ-R 1100.

L’avis de l’expert Youngtimer

« La GPZ RX 1000 est une excellente alternative à la 900 R dont la cote explose. Pour moitié prix, vous avez une moto plus puissante, plus confortable et tout aussi historique. Cherchez une version avec les pots d’origine noirs, car ils pourrissaient vite et sont introuvables aujourd’hui. Si vous en trouvez une complète, foncez. »


Une GT Sportive plus qu’une Pistarde

Il ne faut pas acheter une GPZ RX 1000 pour faire du circuit ou de l’arsouille en montagne le dimanche. Il faut l’acheter pour ce qu’elle est : une formidable GT rapide (Sport-GT), capable de traverser la France en duo avec armes et bagages, dans un confort souverain et avec des reprises canon.


Foire Aux Questions (FAQ)

⛽ Quelle essence mettre ?

Comme beaucoup de motos des années 80, elle préfère le SP98. Le SP95-E10 est à proscrire car il attaque les vieilles durites et les membranes des carburateurs Keihin de 36 mm.

📏 La taille des pneus est-elle un problème ?

Oui. Les roues de 16 pouces (120/80-16 et 150/80-16) limitent le choix de gommes modernes. On trouve heureusement encore des références chez Avon (Roadrider) ou Bridgestone (BT46) qui conviennent parfaitement à son usage routier.

🔧 Est-elle bridée en France ?

À sa sortie en 1986, la loi des 100 chevaux venait d’arriver (1985). Les modèles français sont donc bridés à 100 ch (arbres à cames et carburation). Les versions « Full » de 125 ch sont désormais légalisables si la moto est équipée d’un système de freinage ABS… ce qu’elle n’a pas. Elle reste donc officiellement en 100 ch, ce qui est largement suffisant vu le couple.

2 réflexions sur “Kawasaki GPZ RX 1000 : le dinosaure incompris des années 80”

  1. Michel Brocard

    Bonjour .
    La 1000 Rx est de toute mes motos (15 ) de toutes cylindrées 2 temps ,4 temps 2-3-4 cylindres. Est ma préférée et le reste . Un rail un moteur, une gueule une moto d’homme ! Si vous en trouvez une n’hésitez pas .

    1. Bonjour,

      Un grand merci pour votre message ! C’est vraiment un plaisir de lire l’avis d’un vrai passionné qui a vu passer 15 machines différentes dans son garage.

      Quand vous dites que c’est « un rail avec un moteur », vous résumez exactement ce qu’on adore sur cette 1000 RX. C’est cette stabilité incroyable et ce tempérament moteur typique de chez Kawasaki qui font qu’on ne l’oublie pas, même des années après. Elle a une présence et une « gueule » que les motos d’aujourd’hui ont parfois du mal à égaler.

      Votre témoignage confirme qu’au-delà des performances, c’est le caractère qui marque les esprits. On va suivre votre conseil : si on en croise une en bel état, on ne la laissera pas passer !

      Bonne route à vous,

      L’équipe Automoto-Meca

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