Moto sanglée solidement sur une remorque plateau, avec quatre sangles à cliquet sur les points d'ancrage.

Comment attacher une moto sur une remorque sans rail ?

Vous devez transporter votre moto, mais vous ne disposez que d’une remorque « plateau », sans rail de guidage. Est-ce possible de la fixer solidement ? Absolument, mais l’opération est bien plus technique qu’il n’y paraît. Un mauvais sanglage est la garantie de voir votre moto basculer au premier virage ou rond-point. Le secret ne réside pas dans la force brute, mais dans la bonne méthode : la triangulation et la compression des suspensions.

Les infos à retenir

  • 👍 La clé N°1 : la compression des suspensions. C’est indispensable. Vous devez comprimer la fourche avant avec les sangles pour que la moto ne puisse plus « rebondir » sur ses propres suspensions, ce qui détendrait les sangles.
  • 🔗 La méthode : la triangulation à 4 points. Une moto se sangle avec 4 sangles à cliquet (jamais de simples tendeurs). Deux qui tirent vers l’avant et vers le bas, et deux qui stabilisent l’arrière.
  • 🛑 L’erreur fatale : attacher par le guidon. Ne s’anglez jamais une moto par les poignées ou le guidon. Vous risquez de le plier, de le faire tourner dans ses pontets, ou de casser un comodo.
  • Le blocage de la roue avant est crucial. Sans rail, vous devez impérativement bloquer la roue avant contre le rebord de la remorque ou avec un bloque-roue (cale) amovible.

Quel est le matériel indispensable pour un sanglage sécurisé ?

Pour attacher une moto sur un plateau, vous avez besoin de matériel de qualité. L’indispensable est un jeu de quatre sangles à cliquet (pas de sangles à came, pas assez puissantes) en parfait état. Il vous faut également un bloque-roue (ou « sabot ») ou, à défaut, une remorque avec un rebord avant solide contre lequel la roue viendra en butée. Enfin, prévoyez des chiffons doux ou des « chaussettes » de protection pour protéger les parties de votre moto où les crochets des sangles ou les sangles elles-mêmes seront en contact (ex: tés de fourche).


Quelle est la méthode de fixation « en 4 points » étape par étape ?

C’est la méthode professionnelle qui garantit que la moto ne bougera pas d’un millimètre.

1. Positionner la moto et la mettre sur sa béquille

Montez la moto sur la remorque. Placez la roue avant fermement en butée contre le rebord avant de la remorque ou dans votre bloque-roue. Mettez la moto sur sa béquille latérale. C’est une position temporaire qui vous permet d’aller chercher vos sangles.

2. Sangler l’avant (l’étape la plus importante)

C’est l’avant qui assure 90% de la tenue. Prenez deux sangles à cliquet. Fixez les crochets sur des points d’ancrage solides au plancher de la remorque, de part et d’autre, et en avant de la moto. Faites passer les sangles autour d’une partie structurelle solide de la moto : le té de fourche inférieur est l’idéal. N’attachez jamais au guidon !

3. Comprimer les suspensions

C’est le secret. Avant de tendre les sangles, redressez la moto de sa béquille et asseyez-vous dessus (ou demandez à quelqu’un de le faire) pour comprimer la fourche. C’est à ce moment que vous devez mettre les deux sangles avant en tension avec les cliquets, de manière équilibrée. Tirez la moto « vers l’avant » et « vers le bas ». Une fois les sangles tendues, descendez de la moto : elle doit tenir parfaitement droite, avec la fourche compressée. C’est cette tension permanente qui l’empêchera de bouger.

4. Sangler l’arrière (stabilisation)

L’avant est sécurisé, l’arrière sert juste à empêcher la roue de « danser » latéralement. Prenez les deux sangles restantes et attachez-les à des points solides du cadre arrière (ex: boucle arrière, supports de repose-pieds passager). Tendez-les vers l’arrière et les côtés de la remorque. Il est inutile de comprimer la suspension arrière. Tendez simplement les sangles pour stabiliser la moto, sans forcer.

L’avis du pistard (habitué du transport sur remorque)

« Une moto sur un plateau, ça ne bouge pas si on comprime la fourche. C’est la seule chose qui compte. Je m’assois sur la selle, je pompe une ou deux fois, et je tends mes cliquets avant à fond jusqu’à ce que la fourche soit enfoncée de moitié. Je descends, la moto est un bloc. L’erreur du débutant, c’est de ne pas comprimer : au premier nid de poule, la moto rebondit, la sangle se détend, et la moto finit par terre. Et jamais, au grand jamais, sur la béquille centrale ou latérale ! »


Une opération technique qui ne pardonne pas l’approximation

Attacher une moto sur une remorque sans rail est une opération qui demande de la méthode, pas de la force. En respectant la règle de la compression de la suspension avant et la triangulation des quatre sangles, vous transformez votre moto et votre remorque en un seul bloc solidaire. Prenez 15 minutes pour le faire correctement et vérifiez la tension de vos sangles après les premiers kilomètres.


Foire Aux Questions (FAQ)

🤔 Dois-je laisser une vitesse enclenchée ?

Oui, c’est une sécurité supplémentaire. Une fois la moto sanglée, laissez-la en première vitesse. Cela aide à bloquer la roue arrière et limite les mouvements de balancier dus à la transmission.

🚫 Est-il vraiment interdit de transporter la moto sur sa béquille latérale ?

Oui. La béquille n’est pas conçue pour supporter les contraintes dynamiques du transport (trous, virages, freinages). Elle finirait par plier ou casser, entraînant la chute de la moto. La moto doit reposer uniquement sur ses deux roues.

🛑 J’ai des sangles de guidon, est-ce une bonne solution ?

C’est une solution de facilité, mais risquée. Les « harnais de guidon » exercent une pression sur les poignées et les commodos. Il est préférable d’utiliser une « chaussette » de sangle à passer autour du té de fourche inférieur, qui est une pièce structurelle conçue pour encaisser des efforts.

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